Architecte restauration en Val de Marne

Plusieurs chantiers sont actuellement en cours de réalisation, d’autres sont achevés. Les projets ont tenté de concilier, les choix des propriétaires, les caractères environnementaux et les objectifs financiers.

Concours, étude et réalisation de travaux sur des édifices protégés au titre des Monuments Historiques.

Voici certaines de nos réalisations

Le passage Choiseul à Paris (75)

Le passage a été construit entre 1825 et 1827 d’après le projet de François Mazois. Celui-ci étant décédé en 1826, les travaux ont été dirigés par l’architecte Antoine Tavernier.

Le passage a été conçu pour abrites une galerie commerçante constituée d’une double rangée de maisons de cinq niveaux, composées de cave, boutique, entresol, étage et mansarde et reliés par un escalier hélicoïdal.

Les verrières, situées à plus de 10 mètre du sol, ont une portée de 4.30m et une longueur de 140 mètres pour la grande section, du côté de la rue des petits champs et de 15 mètres pour la petite section du côté de la rue Saint-Augustin.

L’état sanitaire des verrières et des marquises était déplorable. Un filet de protection avant d’ailleurs été mis en place dans le passage afin de des chute de verre sur le passants. L’éclairage naturel était filtré maintenant cette circulation urbaine dans la pénombre. Les éléments métalliques présentaient des traces de rouillent qui affectaient la stabilité générale des verrières. Enfin, les plaques de verre étaient cassées à de nombreux endroits et l’eau s’écoulait à l’intérieur de la galerie.

Des sondages de reconnaissance de décors peints ont été réalisés peu avant le démarrage des travaux. « Deux couches de peintures apparaissent superposées. Une couche de peinture appliquée directement sur l’acier est de coloration gris clair. Elle a ensuite été recouverte par une couche de peinture de coloration blanche.»

Les travaux de restauration :

Le projet de restauration devait permettre de restaurer les fermes métalliques en conservant au maximum les éléments anciens. Ce changement de matériaux de couverture a entraîné un important surpoids que la structure ancienne ne pouvait pas reprendre. Des calculs détaillés ont été réalisé par un BET structure. Celui-ci a préconisé la mise en œuvre de renforts ponctuels et spécifiques afin de conserver la structure anciennes et de la compléter parcimonieusement. Ces éléments modernes seront soudés ou boulonnés.

Les travaux ont débuté le 25 juin 2012. Les verres et les chevrons ont été déposés et évacués. Les fermes métalliques ont alors été décapées, restaurées puis traitées contre la corrosion. Des renforts ont été mis en place afin de mettre la structure en règle par rapport aux normes en vigueur. Cette opération a duré plusieurs mois avant de permettre la livraison et la mise en place des nouveaux verres.

Des renforts ont aussi été mise en place au niveau de potelets de pieds de fermes.

Des travaux semblables ont été menés sur les marquises de la rue des petits champs et de la rue Saint-Augustin. Les verres ont été remplacés par des verres de même nature (striés, cathédrale ou dépolis) mais doublés d’un verre feuilleté. Lors du dépôt du second permis de construire nous nous sommes aperçu que les verres latéraux présentaient des motifs de grecques ainsi qu’un lettrage très effacé. L’observation méticuleuse a permis de reconnaître le nom du passage, c’est donc cette inscription qui a été reproduite à l’identique.

Les travaux se sont achevés le 10 juin 2013. Ils ont été menés en respectant le projet initial et le cahier des charges liés à un édifice inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Une inauguration officielle a été organisée le 25 juin 2013 avec les différents intervenants (Direction Régionale des affaires culturelles, Ville de Paris, Association des passages couverts parisiens, Maitrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprise).

 

Maison de maître à Choisy-le-roi (94)

Cette construction fait partie d’un lotissement de six maisons édifiées d’après les plans de l’architecte Pierre ROUSSEAU en 1801. Très actif sous l’ancien régime à Paris, cet architecte construit de nombreux hôtels particuliers et immeubles de rapport. Entre 1782 et 1787, il édifie le l'hôtel de Salm, actuel musée de la Légion d’Honneur, bâtiment qui a fait le plus pour sa réputation au point d'éclipser toutes ses autres réalisations.

Le lotissement de Choisy le Roi est connu car il a été gravé par Normand en 1837 (Paris moderne, ou choix de maisons dans les nouveaux quartiers et dans les environs). Les dessins nous indiquent un édifice de deux étages carrés, couvert d’une couverture en pavillon et encadré de deux ailes à rez-de-chaussée (salon à gauche et espaces de services à droite). La maison est précédée d’une cour et ouvre à l’arrière vers un jardin d’agrément.

La gravure présente aussi l’élévation du côté de la rue avec son bossage sur enduit, caractéristique de cette période. Les joints sont tirés au fer et figurent des assises de pierres sur un soubassement bas. La porte d’entrée est protégée d’une marquise en fer forgée.

Le bâtiment conservé aujourd’hui est tout à fait semblable à ce qui a été gravé, l’édifice n’a fait l’objet que de modifications mineures au niveau des volumes.

Par contre les enduits ont été refaits en totalité il y a une vingtaine d’années faisant perdre à la bâtisse le rythme de son architecture. Si l’on en juge par les surépaisseurs au niveau des appuis des bais et surtout au niveau de la marquise, cet enduit de ciment lissé a été appliqué par-dessus l’enduit de plâtre ancien (sui a été retrouvé en cours de travaux). Les corniches de l’édifice n’ayant pas été détruites ni recouvertes par l’enduit en ciment, celles-ci seront restaurées à l’identique.

Enfin, les verres armés de la marquises étant cassés à plusieurs endroits et la structure en fer forgé étant rouillée, une restauration de cet élément sera réalisée.

 

La chapelle de Plonéour Lanvern (29)

La chapelle de Plonéour Lanvern a été construite au XIVe siècle. Elle est construite en pierre de taille de granit. Après la tourmente révolutionnaire l’édifice perd ses couvertures et la ruine s’accentue rapidement.

Une première campagne de travaux est menée dans les années 2000 par l’architecte Armand Le Garrec afin de restaurer l’ensemble des maçonneries.

En 2007 un Concours pour la reconstruction d’une toiture est lancé par la commune. L’édifice étant inscrit à l’Inventaire supplémentaire une équipe est constituée, composée de Armand Le Garrec, l’agence AATA Architectes et l’agence Grevet.

La chapelle nous apparaît comme le résultat de transformations à travers le temps. Il nous est semble donc primordialde lui conserver intégralement son aspect de ruine. D’autant que le contexte champêtre et le lien qui existe aujourd’hui avec la végétation environnante (intérieur et extérieur) sont des caractéristiques fortes.

Nous avons donc proposé de réaliser une vaste couverture transparente en verre sérigraphié dont les motifs pourront évoquer le petit module de l’ardoise (matériaux ancien). Une ventilation naturelle permet de remédier à l’effet de serre estival et éviter la condensation.

La structure porteuse serait composée de fermes métalliques. Les éléments principaux reprendraient la forme de l’arc triomphal afin de contrevenir aux poussées latérales du vent.

Les baies seraient conservées dans leurs dispositions actuelles et le clos pourrait être assuré dans le même esprit que celui de la couverture en visant à maintenir la transparence vers l’extérieur.

Bien que le projet ait été particulièrement apprécié par les habitants de la commune il a été classé en seconde position. La restitution de couverture traditionnelle ayant été préférée.

 

L’église de Bouchemaine (49)

 

Ces travaux concernent la restauration des charpentes et des couvertures de l’église Saint-Symphorien de Bouchemaine. La vétusté des ardoises ayant entraîné l’apparition d’infiltration, il est apparu urgent à la commune de réaliser des travaux. Conduit sous la direction de François Jeanneau, Architecte en chef des Monuments Historiques,l’étude préalable a proposé un projet de mise en valeur. Les travaux de restauration sont menés en Co-traitanceArchitecte en chef et l’agence Grevet située en Val de Marne. Ils ont débuté par les couvertures du chevet et de la nef et ce poursuivent actuellement le clocher.

Un travail scrupuleux a été mené afin de restaurer les charpentes anciennes de l’édifice puis d’y ajouter des couvertures en ardoises d’Angers clouées. Les pierres de tuffeau anciennes ont été nettoyées et quelques éléments ont dut être remplacés. Un délicat travail de traitement de la surface était indispensable pour harmoniser les pierres neuves avec d’une part les parements du XIIIe au chevet et d’autre part les parements XIXe sur la façade occidentale.

 

Le château de Martigné-Briand (49)

La construction du château de Martigné-Briand a débuté dans la seconde moitié du XIIe siècle mais au XVIe, le seigneur local fait entreprendre une importante extension. On sait d’ailleurs que l’architecte qui œuvre sur l’édifice s’appelle l'architecte Pierre Péret et qu'il travaille à Martigné en septembre 1503.

Au moment de la Révolution Française, les troupes républicaines incendient l’édifice en juillet 1793 qui reste sans couverture jusqu’en 1828. Une couverture en ardoise est alors mise en œuvre suivie d’un complément en tôle ondulée.

L’Association de sauvegarde du château nous confie une étude préalable à la restauration générale en 2002. Celle-ci constitue le premier récolement complet sur le château (historique, plans, pathologie, dessins de restitution) et permet d’aboutir à la présentation d’un projet de mise en d’eau. Le permis de construire est en cours d’instruction.

 

 

Le manoir du Bais à Cambremer (14)


Avant

Après

Ce Manoir du pays d’Auge est construit à quelques lieues de Lisieux. Un cours d’eau alimente des douves qui ceinturent une haute cour où sont construits un logis, une poterne et un colombier.

Les façades du logis sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis novembre 2000.

Les propriétaires souhaitent effectuer la restauration des façades et adapter l’édifice aux exigences modernes. Un permis de construire a été déposé et certains travaux sont en cours de réalisation. 


Pigeonnier avant

Pigeonnier après
 

La chapelle des Brosses à Donzy (58)

On ne possède que très peu d’informations concernant l’histoire de la construction et des transformations de la chapelle Saint-Etienne de la Grande-Brosse sur la commune de Donzy (58). Deux bulles papales mentionnent la chapelle. La première date de 1152 et émane du Pape Eugène III (1145-1153). La seconde a été rédigée en 1155 par le pape Adrien IV (1154-1159).

Le style du portail occidental, de l’abside et des petites baies des gouttereaux de la nef corroborent ces informations. L’analyse architecturale de la chapelle permet en effet de dater l’édifice du deuxième quart du XIIe siècle.

Le plan se compose d’une nef unique de plan rectangulaire, percée de deux baies au Nord et au Sud. Une travée droite de chœur fait la transition entre nef et chœur. Située dans l’axe, l’abside orientale conserve encore sa voûte en cul de four primitive. Deux chapelles latérales ont été ajoutées entre le XVème ou le XIV ème siècle. Aux abords de l’édifice se trouvait un cimetière.

Les travaux en cours sur la chapelle Saint-Etienne s’apparentent à des travaux de gros entretien. Les maçonneries seront restaurées ainsi que les couvertures en tuiles plates et la charpente en chêne. Le portail occidental a déjà été dégagé des ajouts modernes et une porte neuve à double battant en chêne a été mise en œuvre.

Grace aux subventions locales, une première tranche de travaux a été menée pour restaurer les façades et du portail occidental.


Avant

Après

Avant

Après

Chapelle après
 

 La maison Bechman à Jouy-en-Josas (78)

La maison, nommée « Le Vallon », a été construite par et pour l’architecte Lucien Bechmann entre 1910 et 1911. A cette époque, le style Art nouveau se développe en Europe mais suit des inflexions spécifiques dans chaque pays. Aussi « Le Vallon », bien que construite en France est l’un des rare témoignage du mouvement anglo-saxon connu sous le nom d’Arts and Crafts. Il semble d’ailleurs que, lors de la construction, l’architecte Lucien Bechmann ait fait venir d’Angleterre de nombreux matériaux de construction. On citera notamment les châssis de fenêtres métallique ouvrant « à l’anglaise ».

L’édifice est alors doté de ce qui ce fait de plus moderne en terme de confort : utilisation de l’électricité par conducteurs gainés apparents fixés sur des éléments de porcelaine, chauffage par aérothermes, isolation des combles en panneaux de liège, réseau d’alimentation et d’évacuation de l’eau, … .

La maison est inscrite à l’inventaire supplémentaire en totalité par arrêté du 30 novembre 2009 (intérieur et extérieur).

La maison « le Vallon » se présentait donc comme un édifice du début du XXème siècle avec toutes ses qualités architecturales parfaitement conservées mais par là même avec de nombreuses installations d’origine. Le projet a donc consisté en une restauration scrupuleuse à l’identique, en reprenant au maximum les éléments anciens et en restituant les éléments disparus.

Avant

Projet de restauration de la terrasse

 Le Palais Royale (75)

Présentation historique:

Le cardinal de Richelieu achète en 1624 l’hôtel de Rambouillet qui présentait pour lui le double avantage d’être proche du Louvre et d’être bordé par un fragment de l’enceinte de Charles V. Il entreprend alors, en faisant appel à l’architecte Jacques Lemercier, la transformation de l’hôtel en un véritable palais avec des appartements somptueux et un théâtre qui demeurera longtemps le plus beau de Paris.

Le duc de Chartres (le futur roi Philippe Egalité), reçoit l’entière propriété du Palais-Royal. Très endetté, il s’engage sur la voix de la spéculation immobilière. Son idée est de lotir sur le pourtour du jardin, de louer les rez-de-chaussées à des commerçants et de faire du Palais-Royal le pôle d’attraction de tout Paris. Les nouveaux bâtiments ouvriront sur plusieurs nouvelles rues dédiées aux garçons du duc (Montpensier, Beaujolais et Valois). Le duc choisit comme architecte Victor Louis.

Les immeubles faisant partie du Domaine National de Palais Royal, Classé Monument Historique, est soumis aux Clauses et Conditions des Lettres Patentes du 13 aout 1784 qui déterminent les fonctions, usages et l'entretient du dit bâtiment. 

Sur la façade du jardin, celui-ci aligne 180 arcades séparées par des pilastres corinthiens et éclairées par 188 réverbères suspendus sous le cintre des arcades. Chaque maison comprend un rez-de-chaussée et un entresol donnant en retrait sur la galerie, un étage noble, un second plus réduit situé au niveau de l’entablement. Le quatrième étage et les combles destinés aux domestiques sont à demi cachés par une balustrade supportant des vases Médicis.

Depuis le jardin, les couvertures sont ainsi partiellement masquées par une balustrade en pierre régulièrement ponctuée de vases sculptés positionnés dans l’axe des pilastres de la façade. Ce décalage n’existe pas du côté de la rue Montpensier où le brisis est situé directement à l’aplomb de la façade et où des lucarnes sont disposées dans l’axe des travées.

Les maçonneries en pierre de taille de la façade de l’immeuble du n°24 du côté du jardin présentaient les désordres liés à la vétusté. Les parements étaient encrassés, quelques pierres sont épaufrées ou pulvérulentes et des ragréages étaient ponctuellement été effectués dans le courant du XXème siècle. La couverture était vétuste et la charpente était très altérée. De nombreuses pièces de bois étaient cassées et des traces de mérule étaient visibles.

Les travaux ont donc consisté à réalisé dans un premier temps une consolidation ou le remplacement des parties dégradées. Dans un second temps, les parements en pierre de taille ont été nettoyés afin de faire réapparaître la qualité de la sculpture.

 

Le Palais Royale sur le plan de Turgot en 1735

 

Photo prise du côté du jardin, par Emmanuelli en 1957

  Les dessins de restitution et les articles

Ces documents sont souvent réalisés à partir de vestiges d’édifices encore en place ou bien d’après des descriptions anciennes. Il peut aussi s’agir de constructions très remaniées pour lesquelles il est important de connaître leurs physionomies anciennes.

  • Coupe sur le clocher de l’église Notre-Dame-la-Grande de Poitiers, vue vers l’Est, restitution de l’état à la fin du XIe siècle. D’après un dessin de F. Jeanneau ACMH.
  • Plan de principe de régularité de l’église Notre-Dame-la-Grande de Poitiers (XIe siècle)

 

Document paru dans : « Notre-Dame-la-Grande de Poitiers, l’œuvre romane ». Sous la direction de Marie-Thérèse Camus et de Claude Andrault-Schmitt. Edité par Picard et le Centre d’Etudes Supérieures de Civilisation Médiévales de Poitiers – 2002.

 
  • Dessin en perspective de l’église de Beaulieu-Lès-Loches (37), église abbatiale - Restitution de l'église de Foulques Nerra.

Document paru dans : « Monuments en Touraine – Congrès Archéologique de France » 1997, Société Française d’archéologie. L’abbatiale de Beaulieu-Lès-Loches, nouvelles propositions ; par Marie-Thérèse Camus, Historienne de l'Art et Professeur au CESCM de Poitiers).

  • Dessin en perspective de l’abbaye de Valence à Couhé (86). Restitution des dispositions de l'église médiévale.

Document paru dans : « Revue Historique du Centre Ouest – Eglises cisterciennes en Poitou » Tome 1 1er semestre 2002 – Société des Antiquaires de l’Ouest. Article rédigé par Claude Andrault-Schmitt, Historienne de l'Art et Professeur au CESCM de Poitiers).

 

 
  • Essai de mise en valeur des vestiges de la tour maîtresse du château de Martigné-Briand (49).

Article paru dans : « Tour seigneuriale de l’Ouest, travaux récents sur quelques tours maîtresses, de la Normandie à la Catalogne » - comptes rendus des séminaires de l’équipe en 2001-2003 – Edité par N. Fauchère et Christian Rémy (avec la collaboration de l’université de la Rochelle et du Centre d’Etudes Supérieures de Civilisation Médiévales de Poitiers).