L’architecte D.P.L.G. et du Patrimoine

L'architecte est un professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un propriétaire qui peut être un particulier, une société ou une collectivité publique. Pour exercer, il est indispensable d’être titulaire du Diplôme d’architecte délivré par le gouvernement (DPLG). Ce diplôme se prépare en six ans d’études après le baccalauréat dans des écoles publiques d’architecture.

Ses missions, appelées maîtrises d'œuvre, sont définies par une convention qui est passée préalablement avec le propriétaire et qui définit l'étendue de sa mission, le montant prévisionnel des travaux envisagé et le mode de calcul des honoraires.

L'architecte intervient sur la construction, la réhabilitation, l'adaptation des paysages, des édifices publics ou privés, à usage d'habitation, professionnel, industriel, commercial, etc. Son concours est obligatoire pour l'établissement du projet architectural faisant l'objet d'une demande de permis de construire (sauf pour les cas dérogatoires prévus par l'article 4 de la loi sur l'architecture). L'architecte répond aux attentes de chaque usager en veillant au respect de l'intérêt collectif.

Engagé par un client privé ou public, l’architecte réalise tout d’abord une étude de faisabilité du terrain à partir des règlements d’urbanisme, des études de sol, voir d’une analyse historique succincte. Après d’éventuels relevés d’existants, il fait une première esquisse du projet sous forme de plans précisant l’implantation et la répartition des volumes. Il doit prendre en compte à la fois les contraintes d’ordre réglementaire (techniques et urbanistiques) et les exigences du client (budget, type de travaux, délais de livraison).

Après accord du client ou du commanditaire, il réalise un avant-projet qui indique le type de matériaux, les couleurs choisies, les surfaces à construire, l’estimation prévisionnelle et aborde les délais de réalisation. Il dépose ensuite un dossier avec les caractéristiques générales du bâtiment pour obtenir un permis de construire.

L’architecte dessine les plans d’exécution et rédige un document détaillant la nature des prestations de chaque corps de métiers (maçon, charpentier, couvreur, menuisier, électricien, etc.) ainsi que les caractéristiques des matériaux préconisés. Il contacte plusieurs entreprises du bâtiment et examine les différentes propositions qui lui sont faites avant de faire son choix en accord avec le client ou le commanditaire.

Les travaux peuvent alors commencer. L’architecte en assure la direction technique. Il coordonne les travaux jusqu’à la réception de l’ouvrage. Cet homme de l’Art peut d’autant mieux remplir ses missions qu’il prend en charge l’opération de bout en bout. Sa prestation complète est facteur de qualité, de performances et d’économies sur la durée. Elle garantit au client le meilleur rapport qualité/prix au moment de l’investissement et des économies appréciables à l’entretien.

Le titre d’Architecte du Patrimoine est complémentaire de la profession d’architecte. Il est obtenu après l’obtention d’une formation (Ecole de Chaillot) et d’un diplôme reconnu par l’état (Architecte du Patrimoine) qui permettent d’acquérir les compétences indispensables pour intervenir sur des édifices anciens. Qu’ils soient civils ou religieux, ces bâtiments ont généralement été construits suivant des techniques traditionnelles. Il convient de bien les connaître pour pouvoir envisager une intervention (restauration, rénovation, transformation).

Des recherches historiques sont indispensables pour mieux connaître l’édifice (son « vécu », les modes de construction, les interventions à travers le temps, …). Cette phase est fondamentale car elle permet de relier les désordres ou les dégradations qui affectent l’édifice à son l’histoire. Le phasage des travaux, les agrandissements successifs, les transformations pour une mise eu goût de l’époque, génèrent des ruptures qui peuvent occasionner des altérations ultérieures.

La visite approfondie et l’analyse de l’édifice permettent d’établir un diagnostic sanitaire et de reconnaître le cas échéant les pathologies. Il peut parfois s’agir simplement d’altérations causées par la vétusté des matériaux ; plus souvent les problèmes sont liés à des transformations sur l’édifice lui-même, qui ont pu remettre en cause sa stabilité autant que son caractère d’authenticité. Il arrive aussi que des désordres structurels apparaissent (défaillance du sol, dévers des murs ou poussées de voûtes ou de charpentes).

Ces travaux de recherche et d’observation peuvent être complétés par des études de sol, des calculs de contraintes ou d’efforts dans la construction pour mieux cerner les éventuelles déficiences et d’y remédier. Ces constatations doivent impérativement être mises en relation avec l’histoire de la construction afin d’en affiner la connaissance et d’établir avec plus de certitude les modes de restauration ou de mise en valeur. La bonne connaissance de l’édifice permet donc de définir un projet « sensible » aussi bien traditionnel que contemporain.

La encore un relevé précis est réalisé afin de reconnaître les particularités du bâtiment et d’établir les documents figurés (plans, coupes, façades). Ceux-ci serviront de base à la réflexion sur la restauration, les agrandissements ou la mise en valeur éventuelle. Ils seront enfin le support incontournable pour l’établissement de l’estimation prévisionnelle des travaux, des descriptifs d’intervention et de la conduite des opérations.

Ensuite, en concertation avec le maître d’ouvrage (client public ou privé), le projet pourra être mené de manière rigoureuse et prendre forme. Un dialogue permanent devra être maintenu pour satisfaire à part égale les objectifs des propriétaires et l’intégrité de l’édifice.

En ce qui concerne un projet entièrement neuf ou une extension à partir d’un édifice existant, il est important qu’une relation de confiance s’établisse entre le propriétaire et l’architecte.